Apple a annoncé lundi l'arrivée de sa solution de paiement Apple Pay en France, grâce à des partenaires comme la BPCE et Carrefour Banque. Mais qu'est-ce que ça va changer concrètement pour l'utilisateur ?

À l’occasion de sa conférence mondiale pour les développeurs (WWDC 2016), Apple a annoncé le lancement de sa solution de paiement Apple Pay dans trois nouveaux pays, deux ans après son lancement américain : la France, la Suisse, et Honk Kong. Après des mois de négociations très compliquées, la firme de Cupertino est en effet parvenue à convaincre le groupe BPCE (propriétaire des réseaux Banque Populaire et Caisse d’Épargne), ainsi que Carrefour Banque, Boon, Orange Cash et Ticket Restaurant.

Les clients de ces partenaires pourront ainsi enregistrer leur numéro de carte de paiement dans l’application Apple Pay, et payer chez les commerçants qui acceptent de recevoir des paiements Apple Pay. Pour le moment c’est le cas des magasins Fnac, Boulanger, Carrefour, La Grande épicerie, Cojean, Flunch, Total et Dior.

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L’intérêt pour Apple

Comme l’expliquent parfaitement Les Échos, les banques françaises n’avaient que très peu d’intérêt à accepter la solution d’Apple, qui impose un partage des commissions perçues sur chaque paiement réalisé avec une carte bancaire. « Le groupe se réserverait près de la moitié de la rémunération que la banque du client perçoit sous forme de commission d’interchange pour une transaction moyenne, soit près de 5 centimes pour un achat de 50 euros. Mais ce montant serait fixe, ce qui veut dire que pour les petits achats, Apple s’arrogerait la part du lion », détaille ainsi le quotidien économique.

L’intérêt pour les banques

Mais d’un autre côté, la BPCE et Carrefour Banque espèrent que la comptabilité de leur solution de paiement avec Apple Pay va convaincre certains clients de transférer leurs comptes dans leur établissement, par commodité. C’est ce qui s’est passé en Australie où la banque ANZ a vu ses ouvertures de comptes et ses délivrances de cartes bancaires gonfler de 20 % après l’annonce de son intégration d’Apple Pay.

Et pour l’utilisateur ?

Du point de vue de l’utilisateur, Apple Pay n’a pas un intérêt énorme pour les paiements en magasins. La plupart des clients sont déjà équipés de cartes NFC qui facilitent la transaction, voire de téléphones NFC qui permettent déjà de dématérialiser les cartes bancaires pour enregistrer leurs données de façon sécurisée sur le téléphone, et ne plus avoir à sortir sa CB. Sauf à vouloir à tout prix adopter la solution d’Apple en utilisant exclusivement son iPhone à la caisse du magasin, on ne voit pas qui irait se précipiter à la BPCE pour demander une carte compatible Apple Pay.

Mais l’intérêt est ailleurs. Car Apple a aussi profité du WWDC pour annoncer qu’il serait désormais possible pour les e-commerçants de proposer Apple Pay pour payer en ligne. Or c’est là le véritable intérêt pour l’internaute de la solution proposée par la firme de Cupertino, qui vient en concurrence frontale de PayPal ou d’autres solutions comme Google Wallet.

Pay

Les internautes qui le souhaitent pourront facilement cliquer sur un bouton « Apple Pay » sur la page de paiement du marchand en ligne, et valider leur paiement par une simple vérification de l’empreinte digitale à travers le capteur Touch ID présent sur les iPhone et iPad, et bientôt sur les Mac. La fluidité des paiements en ligne sera totale, et il n’y aura même plus besoin de saisir de mot de passe pour confirmer la transaction.

Les développeurs pourront aussi intégrer des paiements par Apple Pay directement dans iMessage, grâce à l’API dévoilée lundi soir.

Apple Pay, comment ça marche ?

En pratique, les utilisateurs doivent ajouter leur carte bancaire à leur portefeuille virtuel, ce qui peut se faire très simplement en prenant une photo de la carte. Les cartes sont alors reconnues automatiquement par l’application, et stockées dans l’application de façon sécurisée, avec un identifiant unique différent du numéro de la carte attribuée par la banque. L’accès aux numéros de cartes est impossible sans la clé de chiffrement, composée avec l’empreinte digitale.

Lors de sa présentation en 2014, Apple avait assuré que la firme ne saurait rien de ce que les utilisateurs achètent, ni même combien ils payent (d’où la commission fixe), et où ils payent. Apple se contente de donner accès à la carte, et de réclamer à la banque émettrice une commission pour chaque transaction effectuée.

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