Les actionnaires n'ont pas spécialement apprécié les annonces de Twitter, jugées trop timides pour relancer l'intérêt porté au réseau social, et pour offrir de nouvelles perspectives commerciales.

Mardi, Twitter a confirmé les rumeurs qui voulaient que pour la première fois depuis sa création il y a 10 ans, les utilisateurs ne seraient plus strictement contraints à 140 caractères lorsqu’ils échangent des messages sur le réseau social, mais bénéficieraient de quelques assouplissements. Mais la réforme, qui garde les fondamentaux de la limite à 140 caractères par message, n’est pas perçue comme quelque chose de rassurant par les investisseurs.

L’action de Twitter qui était déjà à son plus bas historique continue mercredi de baisser, avec une cotation à environ 14 dollars l’action, contre 69 dollars à son plus haut en décembre 2013. Mardi, l’action a d’abord plongé avec l’annonce de Twitter, avant de remonter légèrement jusqu’à la clôture des marchés.

Le cours de Twitter entre le 25 février et le 25 mai 2016 (source : Yahoo Finances)
Le cours de Twitter entre le 25 février et le 25 mai 2016 (source : Yahoo Finances)

La défiance est désormais réelle entre les investisseurs et Twitter Inc. Comme l’explique Business Insider, les actionnaires n’ont pas vu dans l’annonce de l’entreprise un signe positif de remise en cause d’un modèle technologique qu’ils jugent trop bridé pour permettre un développement commercial soutenu. Au contraire, le fait que les modifications soient relativement mineures, et qu’en plus elles soient annoncées pour une mise en œuvre « dans les prochains mois », leur démontrerait que Twitter est incapable de prendre des risques et de réaliser les changements majeurs qui pourraient permettre à Twitter de trouver un second souffle.

Le dynamisme de Facebook

Facebook, par exemple, avait su sortir Facebook Messenger du réseau social, pour faire de Messenger une application autonome, qui compte aujourd’hui plus de 800 millions d’utilisateurs et offre à la firme de Zuckerberg une nouvelle plateforme très prometteuse en terme de revenus publicitaires d’un nouveau genre, basé sur les applications et chatbots intégrés. L’entreprise a aussi fait des acquisitions majeures comme WhatsApp qui compte plus de 1 milliard d’utilisateurs, comme Oculus qui est au cœur de la révolution VR, ou n’hésite pas à mettre le paquet lorsqu’elle veut rattraper son retard et devenir leader sur un marché, par exemple pour le direct vidéo avec Facebook Live.

À côté de ce dynamisme, les annonces « révolutionnaires » de Twitter, qui promet qu’elles « auront un impact considérable sur les Tweets », font effectivement pale figure. Or les actionnaires étaient déjà déçus et inquiets des derniers résultats financiers de Twitter, et espéraient plus.

Le réseau social a toujours beaucoup de mal à trouver ses relais de croissance, engoncé dans la nécessité de préserver son identité propre, et celle d’offrir les flexibilités qu’un Facebook peut apporter. Néanmoins il faudra attendre de voir l’impact réel qu’auront les modifications annoncées. Le seul fait qu’enfin les noms des utilisateurs ne comptent plus dans les 140 caractères lors des réponses devrait fortement libérer la possibilité de discuter sur le réseau, éliminant des frustrations handicapantes.

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