Une association d'éditeurs de livres russes demande en justice le blocage de Vkontakte, le clone de Facebook très populaire en Russie.

Imaginez qu’un lobby du droit d’auteur demande aux États-Unis le blocage de Facebook. C’est exactement ce qui se passe en Russie avec le réseau social le plus populaire du pays, Vkontakte. Comme le rapporte Torrentfreak qui s’appuie sur le média russe Izvestia, une organisation d’ayants droit a en effet demandé à la justice d’ordonner aux FAI de bloquer l’accès à Vkontakte (VK) accusé de ne pas protéger suffisamment les droits d’auteur.

Le lobby en question est Azapo, l’Association pour la Protection du Droit d’auteur sur Internet, qui représente des éditeurs de livres. L’association a déposé plainte auprès du tribunal de Moscou pour qu’il reconnaisse qu’au moins un livre, le roman Resident de Zahara Prilepina, n’a pas été supprimé par VK après avoir été notifié de sa diffusion non autorisé sur le réseau social.

L’Azapo souhaite officiellement que le tribunal sanctionne le manque de diligence de l’entreprise russe, et aille jusqu’à ordonner son blocage, qui est de droit. Ce serait un coup très dur et même fatal pour VK, utilisé par environ 80 millions de Russes.

Faire pression sur Vkontakte

Ceci n'est pas Facebook, mais VKontakte.
Ceci n’est pas Facebook, mais VKontakte.

Il s’agirait toutefois surtout d’une manière pour l’Azaco de forcer la main à VK pour qu’il mette en place un système de distribution légale et rémunératrice d’œuvres sur son réseau social. « Je sais que des négociations sont en cours avec les industries de l’audio et du film, mais les auteurs de livres ne sentent pas impliqués dans le processus de négociation », assume ainsi Maxim Ryabyko, le directeur de l’association. S’il obtenait satisfaction, la plainte pourrait être retirée, et la menace de blocage s’envoler.

« Evidemment, seul un dialogue ouvert sur les modèles et les méthodes de monétisation du contenu pour les ayants droit pourra aider au développement d’un marché légal en Russie », dénonce de son côté Evgeny Krasnikov, le porte-parole de VKontakte. Selon Izvestia, même le régulateur russe Roskomadzor qui a en charge l’application des mesures de blocage aurait conseillé « en off » aux ayants droit de négocier avec VK.

L’Azaco souhaiterait que VK mette en plus une plateforme qui permettrait de financer la consultation de livres par abonnement, financé par la publicité ou par un paiement forfaitaire. Une autre option possible serait que le réseau social ne permette que la distribution d’extraits, et renvoie vers les sites des éditeurs pour acheter la version complète des ouvrages.

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