Lors du CES 2016, le site Indiegogo, qui comptabilise aujourd'hui plus de 400 000 campagnes, a lancé un service à destination des grosses entreprises.

Le crowdfunding — ou financement participatif — s’installe de plus en plus dans les habitudes de consommation. Ce levier de l’économie participative permet aux entrepreneurs, mais également aux artistes et aux associations, de lever des fonds en ligne grâce à l’argent des particuliers en échange d’une récompense (qui peut aller du simple « merci beaucoup », à un produit, voire à un rendez-vous avec l’entreprise).

L’entreprise est toujours gagnante

Après une période d’essai en 2015 qui a regroupé sur Indiegogo quelques entreprises des Fortune 500 comme Google, Hasbro ou encore General Electric, le site de financement participatif a ouvert publiquement son service lors du CES. Les levées de fonds permettront aux entreprises de tester l’intérêt des consommateurs pour des produits en développement. La formule est 100 % gagnante pour l’entreprise qui ne prend pas de risque auprès de ses actionnaires et dont la R&D profite des retours des backers. Si un produit ne fonctionne pas, celui-ci n’aura pas coûté autant d’argent que s’il était passé par le processus traditionnel de mise sur le marché (financement interne, étude de panel de consommateurs et production de masse).

Les entreprises pourront également créer des concours, comme cela a été le cas avec Hasbro qui a offert 10 000 $ au créateur du jeu de plateau « Irresponsibility » et dont la campagne s’était distinguée des autres par son succès sur la plateforme de financement.

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Moins de risque qu’avec une campagne classique

Pour les backers, les bénéfices de ces campagnes de grosses entreprises ne différent pas des campagnes traditionnelles : ils obtiennent l’objet en avant première et à un prix barré. Contrairement aux autres campagnes, on peut imaginer que les risques sont plus faibles pour les participants dans la mesure où une grosse entreprise aura moins de mal à respecter ses délais et à rembourser ses premiers fidèles. Les exemples de financements participatifs ratés ne manquent pas : on se rappelle au hasard du succès de la tablette de Jolla sur Indiegogo. L’histoire commençait bien, mais à cause des difficultés rencontrés pendant la phase de production, la société Finlandaise a annoncé ne pas pouvoir satisfaire toutes les commandes.

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attention aux confusions

Car si les participants d’une campagne peuvent avoir l’impression de faire un investissement, ce n’est en aucun cas le but du crowdfunding. Le financement participatif n’est qu’une manière détournée de pré-commander un produit quand celui-ci n’est encore qu’une idée. Il permet à un projet d’obtenir des fonds sans passer par les banques. Quand la formule ne choque pas outre-mesure dans le cas des petits entrepreneurs, elle nous semble plus anecdotique pour des entreprises qui disposent de véritables trésors de guerre et de facilités de financement.

Le financement participatif n’est qu’une manière détournée de pré-commander un produit quand celui-ci n’est encore qu’une idée

L’entreprise semble finalement la seule gagnante de cet échange, tant du point de vue de l’attention dont profitent les campagnes (la machine à glace Opal de GE avait obtenu plus de 15 000 partages sur Facebook), que des retours des utilisateurs qui offrent — littéralement — une approche latérale des produits aux sociétés.

Toutes les infos sur le site officiel d’Indiegogo.

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