Et comment y font ceux que ça fait chier de traduire, mmmmh ????
Salut Bob,
Stp, masque mon nom si tu décides de diffuser ça...
Plusieurs de mes amis furent choqués après avoir lu cet article, mais je ne suis pas supris le moins du monde. J'ai eu le "privilège" d'être capable de passer plusieurs années à travailler pour un label major, et M. Morris est juste comme tout les gens du sommet. Je pense que chacun d'eux savait ce qui était en train de se passer et a choisit de s'allonger et de l'ignorer (en prétendant que ça n'arrivait pas), ou chacun était tellement hors du coup que rien ne pouvait leur faire discerner la bonne direction à prendre.
Je pense honnêtement qu'une grosse partie du problème était/est dans cette hiérarchie :
1) Les gens du très haut sommet - ceux sur la touche, ils ne se rendent même pas au bureau... Ils font tout par assistant interposé (ils peuvent facilement s'en payer 6), même pour aller faire leur courses ou se payer des chausettes. Je ne plaisante absolument pas... Ca se passe tout le temps - et c'est leur boulot... Absolument rien n'est relié à la musique, c'est basiquement un travail de nurse/ou de gardien.
Ils vont se montrer aux meetings pour présenter des gens qui sont à des échelons en-dessous d'eux et faire leur introduction... et ils prennent les décisions finales, et ils rentrent dans leur carosse dans leur Parc Avenue à la levée du matin.
2) Les gens directement sous les élites - des gens qui ont un petit peu plus d'idées de ce qui se passe, mais qui doivent faire les lèche-cul pour garder leur job. Ils n'ont pas assez de tripes pour aller dire à Clive ou l'un d'entre eux ce qui se passe réellement. Oh, alors ils vont "brifer" les leaders de secteurs sur ces choses - et c'est pourquoi tous ces gens du sommet viennent d'apprendre tous ces mots "exotiques" (partage de fichiers/P2P/etc.) avec 5 années de retard et ne savent littéralement pas ce qu'ils signifient.
Oh, et ces gens veulent le job de Clive quand il mourra... Ils ne peuvent pas le blairer. Ou peut-être qu'ils ne veulent pas son job. Ou peut-être qu'ils savent qu'ils doivent dégager du business de la musique, mais ne savent pas quelle fonction ils auront en dehors de lui (parce qu'ils ont travaillé là pendant plus de 20 ans). Oh, et ils sont contents leurs salaires et ils aiment se montrer avec des rock stars.
3) Les gens encore sous les valets de l'élite - Ces gens sont directement au milieu. Ils ont fait tout cela dans l'optique d'avoir "ENFIN" une vie décente et de pouvoir habiter à Manhattan au lieu de Brooklyn ou Queens. Mais maintenant ils sont au pied du mur... Ils sont trop "coincés" par leurs nouveaux prêts hypothécaires et leurs "grosses occaz" et n'ont pas le temps de penser à quoi que ce soit d'autre, même à une solution pour redresser le business actuel de la musique.
Ils ont quelqu'un au-dessus d'eux qui les tient par les couilles à tout moment, alors qu'ils en auraient plus que besoin pour bien servir leurs supérieurs. Ils ont finalement des gens encore en-dessous d'eux (les newbies), en fin de compte ils lèchent le cul de tout le monde au-dessus et emmerdent tout le monde en-dessous. Malgré tout cela j'ai rencontré des gens réellement cool parmis ceux de cette catégorie, qui sont pour la plupart dans la réalité des évènements. Ils sont prodigieusement saturés de travail dans ce travail initial de management, ils sont extrêmement stressés à essayer de faire le bonheur (par l'argent) de tous les gens au-dessus d'eux. Ils ont finalement leur propre bureau. Mais ils sont contents de leurs salaires et ils aiment se montrer avec des rock stars. Ils sont juste plus en-dessous...
4) Les gens d'en bas - Il y a les gens qui sont (ou devrais-je plutôt dire qui étaient) le seul espoir des labels majors. Ils avait un pif pour savoir ce qui se passait dans les rues, et étaient au taquet sur TOUT ce qui concerne les technologies relatives à leur milieu. Ils étaient les gens qui savaient que tu pourrais utiliser le nouveau format .mp3 sur mIRC ou d'autre plate-formes de services avant que Napster soit opérationnel en 1997 et après. Ils étaient les gens qui savaient quel était le groupe le plus en vogue mieux que personne et qui pouvaient retracer une nouvelle route pour les majors, une route dans laquelle ils pouvaient courir, et ils avaient probablement plus de réponses que qui que ce soit du sommet n'ait pu en rêver. Pour la plupart d'entre eux, ils SAVAIENT ce que les gens voulaient et ce dont ils avaient besoin.
Mais où sont-ils maintenant ??? Ils sont tous sans emplois. Ils ont été virés des labels et jetés dans la rue à cause de leur pensée en marge/des restructurations. Maintenant, ils travaillent dans différentes industries, réminiscences de ce qu'ils auraient pu être. Ils EXECRENT totalement leurs salaires (ils sont mal payés, et ils bossent comme des tarés), détestés parce qu'ils n'ont pas de salle de bain, mais plutôt une pièce avec une cloison pleine d'auto-collants de groupes (pour la plupart d'entre eux, les labels les ont été jeté depuis des années). Mais ils adoraient avoir des CDs gratuits et aller à des concerts 5 fois par semaines - voir même ils sont morts de fatigue pour avoir travaillé 70 heures par semaines ou plus.
J'étais l'un de ces gens Bob, mais je me foutais bien de combien de fric je me faisais. Je vivais dans un appartement de merde de 10m sur 10m dans une banlieu sordide du Queens, je devais littéralement ramer pour joindre les 2 bouts, et me taper le métro pour aller bosser. Je ne réalisais pas que je pouvais me faire bien plus de thune en travaillant à Quiznos que la paye que j'avais chez les labels... Je ne plaisante pas.
Mais tu sais quoi ? Je l'ai fait... et j'ai travaillé plus dur que je ne l'avais jamais fait avant. ET POURQUOI ?? Parce que j'aime la musique plus que tout. Je CROIS en les groupes avec lesquels je travaille. Je suis sûr que la plupart des élites du pouvoir d'origine ont commencé comme cela... Mais il semble quelque chose a été perdu en cour de route, pour la plupart d'entres-eux. Ils se foutent des nouveaux groupes de musique... Ils pourraient leur donner quelques miettes - mais ils ont leurs disques de platine sur le mur et une photo d'eux avec Aerosmith ou je ne sais qui, et ils préfèrent ressasser la bonne vieille époque. Et cepandant, ils sont habitués à leur petit confort de vie, et ne veulent pas voir que celui-ci va s'écrouler avec l'arrivée des nouvelles technologies. Après tout, le model marche bien, non ????? Nous pouvons toujours vendre des disques, non ??? Juste avoir des posters de 3m sur 3m de FYE de Cranston - ALORS nous allons vendre des millions de disques.
Pour finir tout ça... Voici un exposé rapide et relatif de mes rencontres quotidiennes avec la "hiérarchie" :
*Un gros artiste émerge à Philly (Philadelphie) - et nous voulons nous renseigner sur ce qu'il/elle pourrait vendre en terme de disques dans les bacs. Les choses se passent ainsi :
*Le président du label n'a aucune idée. Il appel l'assistant qui lui achète ses chausettes.
*Le directeur s'y connaît si bien que... Il baisse les bras.
*Le manager régional s'affole parce qu'ils n'ont plus assez de temps... Il veut absolument faire plaisir au directeur. Il gueule sur l'assistant qui fait une carte en plastique dur en 2 minutes et l'envoi dans la nuit à Philadelphie. Coût total de l'opération : 15 dollars, et tout ça pour une carte à la con en plastique qui ne donnera rien.
*L'assistant se bouge finalement le cul pour contacter l'artiste parce qu'il ne veut pas être viré. Ils est paresseux mais il sait quand il doit s'y mettre. Dès qu'il se lève à 5h du matin. Le manager régional n'est pas content, mais il est heureux d'avoir obtenu la reconnaissance du directeur. Le directeur trouve que tout est génial et ne veut pas que l'artiste leur gueule dessus quand il/elle les verra à MSG la semaine suivante.
[un truc gouvernemental apparemment, un truc de facho des USA]
*La carte en plastique arrive à destination - L'artiste la "voit" et peut-être qu'il n'aime pas la "couleur" ou quelque chose dans le genre. Les mots remontent au directeur - Qui les transmet au manager régional - Qui les transmet à l'assistant qui n'en a rien à foutre parce que c'est pas sa faute.
GLOBALEMENT - Aucun CD supplémentaire n'aura été vendu. Et on aura rien fait pour proposer quelque chose à l'artiste. Je ne veux même pas IMAGINER combien d'argent la compagnie a du payer en temps et en ressources pour envoyer cette foutue carte à Philadelphie pour solliciter l'artiste.
Ca à l'air ridicule, Bob ? Ma foi, j'ai bien rigolé sur ce qui est écrit au-dessus... En compostant mon ticket de bus vers Dodge City [à Philadelhpie] - ce qu'il fallait faire. C'est probablement pour cette raison que je ne travail plus dans le business de la musique.